Eau et agrivoltaïsme mesurer les économies réelles
11 septembre 2026
Synthèse narrative et perspective · version du 11 octobre 2026. Les hypothèses sont des propositions à tester ; ce texte n’est pas évalué par les pairs.
Résumé
Une moindre évapotranspiration n’équivaut pas automatiquement à une meilleure efficacité de l’eau ni à une réduction des prélèvements. L’évaluation doit relier production, volumes irrigués, pluie redistribuée et évolution du stock d’eau du sol. À partir des travaux sur les flux hydriques sous panneaux, cet article propose un bilan explicite et un protocole de comparaison distinguant économie physique, productivité de l’eau et conséquences à l’échelle du bassin versant.
Abstract
Reduced evapotranspiration does not necessarily imply improved water productivity or lower withdrawals. We propose a water-balance approach separating irrigation, rainfall redistribution, soil storage and crop output. Watershed-scale savings require an additional assessment of consumption and return flows.
Question et méthode
De quelle économie d’eau parle-t-on lorsque des panneaux ombragent une parcelle ? La source principale est l’étude de Marrou, Dufour et Wéry sur les flux sol–culture [R04], consultée via son résumé détaillé FAO AGRIS. L’étude de Hassanpour Adeh et al. sur une prairie non irriguée apporte un contexte complémentaire [R06]. Les recommandations ci-dessous sont un protocole proposé, et non une réanalyse de leurs données.
Résultats et portée
Sur les prototypes étudiés par Marrou et al., l’évapotranspiration réelle de laitues et concombres irrigués diminue de 10 à 30 % lorsque la lumière disponible correspond à 50 à 70 % de celle du plein soleil, avec une variation saisonnière. Les auteurs indiquent que cette diminution ne conduit pas systématiquement à une meilleure efficacité de l’eau, car la production de matière sèche peut également être sensible à l’ombrage [R04]. Hassanpour Adeh et al. étudient une prairie non irriguée exposée à un stress hydrique : ce contexte doit rester distinct d’un maraîchage irrigué [R06].
Trois indicateurs à séparer
La productivité de l’eau consommée rapporte une quantité récoltée à l’évapotranspiration réelle. La productivité de l’irrigation rapporte cette quantité aux volumes apportés. Le prélèvement mesure l’eau retirée d’une ressource, avec ses pertes d’acheminement éventuelles. Ces indicateurs peuvent évoluer dans des directions différentes. Réduire l’irrigation sans maintenir la récolte n’a pas la même signification que produire autant avec moins d’eau.
Nous proposons d’écrire le bilan parcellaire : variation du stock d’eau = pluie reçue + irrigation + remontées capillaires − évapotranspiration − drainage − ruissellement. Tous les termes doivent employer une même unité et un même périmètre. L’ombrage ne peut pas être crédité de toute différence de stock si la pluie se concentre au bord des modules ou si la conduite de l’irrigation change simultanément.
Dispositif expérimental proposé
Deux comparaisons répondent à deux questions. À irrigation identique, l’essai renseigne la réponse biophysique à l’ombrage. Avec une irrigation pilotée selon un objectif identique d’état hydrique, il renseigne l’économie potentielle en conduite adaptée. Mélanger ces traitements empêcherait d’attribuer un effet à sa cause.
Des compteurs indépendants documenteraient les apports. Les sondes de sol seraient distribuées sous modules, aux lignes de goutte et dans les interrangs, avec une stratification par profondeur. Les pluviomètres et les mesures de ruissellement aideraient à décrire la redistribution de la pluie. La récolte commercialisable et sa qualité seraient enregistrées en parallèle.
Le protocole devrait publier les épisodes de pluie, les consignes d’irrigation, les pannes et la méthode d’estimation du drainage. Le gain serait rapporté en mètres cubes par hectare et par unité de produit, avec un intervalle d’incertitude. Un suivi pluriannuel limiterait la dépendance à une saison particulièrement sèche.
Discussion et hypothèse
À l’échelle d’un bassin, une économie d’apports n’est pas nécessairement une économie de consommation : les retours d’eau et un éventuel accroissement des surfaces irriguées doivent être considérés. Cette question constitue un prolongement de recherche. L’hypothèse FAAN serait qu’un pilotage combinant ombrage et irrigation améliore la productivité de l’eau sous forte contrainte hydrique ; elle doit être testée contre une irrigation optimisée sans panneaux.
Conclusion
Un observatoire crédible publierait le numérateur, le dénominateur et le scénario de comparaison de chaque économie annoncée. La baisse d’un flux hydrique est un résultat ; sa valeur agricole et territoriale dépend de ce qui est produit et de l’eau réellement préservée.

Références et accès documentaire
- R04 Marrou H., Dufour L., Wéry J. (2013). How does a shelter of solar panels influence water flows in a soil–crop system? European Journal of Agronomy, 50, 38–51. Source originale
Résumé détaillé FAO AGRIS - R06 Hassanpour Adeh E., Selker J. S., Higgins C. W. (2018). Remarkable agrivoltaic influence on soil moisture, micrometeorology and water-use efficiency. PLOS ONE, 13, e0203256. Source originale
Texte intégral public consultable
